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Visuel 2016

 

 

Les 25 dernières années en Amérique latine marquent le retour à la démocratie des pays de la région, selon une voie pacifique, électorale. Plusieurs gouvernements ont cependant tenté d'inscrire leur trajectoire dans une autre construction de la société et du monde, souveraine, plus équitable, etc. Le Brésil de Lula, l'Argentine des Kirchner, la Bolivie d'Evo Morales, l’Équateur de Rafaël Correa, le Venezuela de Chavez et de Maduro, ont porté l'idéal d’une société plus juste, et le portent encore, au-delà des difficultés du moment. L'Argentine de Macri est, quant à elle, brutalement retournée dans le giron néolibéral : en un mois, plus de 12 000 fonctionnaires ont été licenciés, accusés de surcroît de n'être que des « employés de complaisance ». Pourtant, le mouvement populaire s'organise et résiste vaillamment.

Les améliorations vécues par les franges les plus humbles des populations de ces pays sont gigantesques : éradication de l'analphabétisme, recul de la pauvreté, des inégalités, meilleurs accès aux soins de santé...

En 2016, la plupart apparaissent pourtant menacées par divers facteurs_: une certaine usure (assez inévitable) des processus de changement, la chute du prix des matières premières, et tout particulièrement du pétrole brut, orchestrée par des organismes économiques aux ordres des États-Unis afin de mettre au pas tout le sud du continent... Au Venezuela, la guerre économique, inscrite dans une plus large stratégie de déstabilisation, ravage souterrainement le pays, et explique en grande partie la forte abstention de l'électorat chaviste aux dernières élections de décembre 2015. Les changements stratégiques de politique économique de la Banque centrale des États-Unis (FED) à l’œuvre actuellement, décryptés lors du récent sommet de la Communauté d’États latino-américains et Caraïbes (CELAC) à Quito, sont autant de coups de boutoir à des politiques innovantes, ouvertes aux revendications des mouvements sociaux d'un nouveau type, par défiance vis à vis des « politiques », par nécessité vitale.

Efficace « rébellion en chœur », ces nouveaux mouvements sociaux, pluriels, divers, ont permis de gagner des batailles, et restent l'arme la plus efficace à portée des peuples afin de résister et de lutter pour leur souveraineté et le respect des droits humains fondamentaux.

Les gouvernements conservateurs, comprenant les enjeux, tentent de leur opposer d'autres outils, plus « libéraux » : Santos entend organiser un référendum (le 23 mars) pour ratifier la position du gouvernement colombien dans les négociations de paix avec les FARC, une opération d'instrumentalisation-manipulation particulièrement habile. Malgré toutes les chausse-trappes, le processus de paix, appuyé par le Venezuela et Cuba, a beaucoup progressé ces dernières années.

Ce sont aussi des mouvements sociaux qui ont porté Evo Morales à la présidence de la république plurinationale de Bolivie, et qui en appuient toujours globalement la politique. Evo Morales, que nous avons eu l'honneur et le plaisir de recevoir à Pau, à l'occasion de la cérémonie de remise du titre de Docteur Honoris Causa de l'université de Pau et des Pays de l'Adour le 7 novembre 2015.

Et, fait historique, en 2016 : une visite officielle du président Obama à Cuba est annoncée pour les prochaines semaines, signe que les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis sont en voie de normalisation. Et ce, malgré le maintien du blocus, une stratégie dont Obama lui-même a été contraint de reconnaître l'inefficacité.

L'Amérique latine nous parle parce que nos destins sont liés ; les propositions de politiques nouvelles qui émanent des gouvernements progressistes, les mouvements sociaux comme nouvelles forces de premier plan sont autant de possibilités d'inspiration pour nous. Et les attaques contre les processus d'émancipation, rapprochant le spectre de leurs possibles revers, sont autant de coups portés contre nos luttes et nos espoirs.

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